Consultant chef de projet IT
Le consultant est en charge de missions de plus en plus importantes et complexes
Je vais vous parler aujourd'hui d'une mission menée par un collègue, également chef de projet, pour une entreprise souhaitant introduire un véritable logiciel de gestion des achats au sein du groupe. Cette société sortait à peine d'un déploiement ERP plutôt houleux, et le souvenir des interfaces bancales était encore frais, mais ils tenaient malgré tout à ce nouveau projet.
Leur argument tenait : la pression technologique sur la chaîne fournisseurs n'a jamais été aussi forte. On ne parle plus simplement d'enregistrer des commandes, mais de piloter en temps réel la qualité, la conformité et la durabilité de chaque ligne d'approvisionnement. La gestion des fournisseurs est devenue un terrain d'innovation comparable à la finance algorithmique ; rester sur nos antiques feuilles Excel, c'était condamner la direction achats à voler sans instruments.
Je vous partage une expérience d'implémentation d'un logiciel de gestion des achats
J'avais discuté avec l'acheteur, il voyait l'opportunité ; moi, en chef de projet ERP, je voyais déjà les écueils. 😉 Chaque logiciel spécialisé possède son propre schéma de données, ses workflows, son API plus ou moins mûre. Or, pour qu'une solution dédiée aux achats prenne tout son sens, elle doit s'interfacer parfaitement avec le cœur ERP : flux de facturation, engagements budgétaires, ordres de réception. Sans cette cohésion, impossible d'obtenir la visibilité budgétaire requise par la direction financière ni les indicateurs de performance exigés par l'exécutif.
Il a donc fallu commencer par cartographier les processus : qui crée le fournisseur ? Qui en valide la conformité ? Où se trouve la source de vérité pour les certifications ISO ? Ce travail de clarification, souvent négligé, détermine la réussite ou l'échec de l'intégration.
Le deuxième front portait sur les données historiques. Au fil des ans, les acheteurs locaux avaient alimenté l'ERP avec des doublons, des adresses obsolètes et des codes articles réinventés vingt fois. C'est ce qu'on retrouve souvent après de vieilles implémentations de SAP notamment. C'est d'ailleurs tout à fait normal sur un système de gestion qui tourne depuis longtemps.
Avant d'envisager la moindre synchronisation, il fallait dédoublonner, normaliser et enrichir. C'est fastidieux, personne ne se porte volontaire, pourtant c'est la condition sine qua non pour éviter que les deux systèmes ne se contredisent à la première mise à jour. Une task‐force mixte a été constituée: achats pour la connaissance métier, IT pour la structuration, contrôle interne pour la gouvernance. Trois semaines de sprint plus tard, un référentiel fournisseur enfin digne de ce nom était prêt.
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Logiciels ERP français (Posté le mardi 19 août 2025):
En 2025, les ERP français connaissent une véritable accélération en matière d'innovation. Ces solutions, longtemps perçues comme rigides, se transforment en outils flexibles et intelligents, capables de répondre à des enjeux métier très spécifiques. Je m'appelle Michel Campillo, je suis consultant chef de projet IT et à travers mon blog, je décrypte l'actualité des logiciels ERP.
Restait le choix de la solution. Les éditeurs se pressaient à la porte ; tous promettaient l'intelligence artificielle, l'anticipation des risques géopolitiques et la signature électronique intégrée. L'acheteur avait repéré Weproc lors d'un benchmark sectoriel, séduit par son interface légère et ses connecteurs standards. De mon côté, je suis resté cartésien : support des API REST, documentation claire, possibilité de déclencher des webhooks lors de la validation d'une commande, gestion native des pièces jointes dans le cloud souverain. L'idée n'était pas de remplacer l'ERP, mais de doter la fonction achats d'un cockpit avancé sans refaire toute l'architecture. On n'a finalement pas retenu Weproc.
L'épreuve du feu a débuté quand nous avons branché le bus d'intégration. Les premiers tests unitaires se sont bien passés ; les soucis sont apparus en pré‐production, lorsque les workflows de validation de fournisseurs entraient en collision avec ceux de l'ERP. Un fournisseur créé dans l'outil achats restait en attente “indéterminée” côté comptabilité : le statut n'était pas mappé. Classique. Nous avons dû ajouter une table de correspondance et synchroniser les rôles utilisateurs.
Autre difficulté : la gestion des taxes. Les logiciels ERP français appliquent une logique basée sur le site de réception, tandis que l'application d'achats proposait un moteur flexible de règles fiscales. Il a fallu décider où placer l'intelligence pour éviter toute divergence. La tentation est toujours de dupliquer l'information ; c'est un piège. Nous avons imposé le bon vieux principe, que j'ai personnellement utilisé maintes fois dans les projets ERP : la donnée ne vit qu'à un seul endroit, les autres systèmes la consomment.
Au bout de trois mois, l'environnement pilote a commencé à montrer ses vertus. Les acheteurs visualisaient en un clic l'historique des évaluations, les alertes de conformité et les délais de paiement réels (il est vrai que si on avait retenu Weproc, on aurait pu s'appuyer sur les API “supplier scorecard”). Les premiers retours ont été enthousiastes... jusqu'à ce que nous touchions au nerf de la guerre : les utilisateurs terrain.
Les responsables d'exploitation n'avaient pas été suffisamment formés ; ils ne comprenaient pas pourquoi ils devaient renseigner un accusé de réception dans l'application achats alors que le bon de livraison papier suffisait “depuis trente ans”. Nous avons réorganisé les sessions de formation pour l'exploit', articulé des cas concrets : un défaut qualité signalé dans l'application allait désormais déclencher automatiquement une réserve financière dans l'ERP. Là, l'adhésion a progressé : chacun voyait l'intérêt de la chaîne numérique complète.
Parallèlement, nous avons mis en place un contrôle continu des performances. Chaque nuit, un job d'intégration rapproche les engagements pris dans l'outil avec les factures enregistrées pour détecter les écarts de prix ou de quantité. Au lieu de courir après les litiges en fin de trimestre, le contrôle de gestion reçoit un tableau d'écarts quotidien. L'impact sur la trésorerie se mesure déjà : moins d'avoirs, moins de relances, une image fournisseur améliorée.
Il reste bien des chantiers sur ce projet IT : la signature électronique de contrats cadre, l'ouverture d'un portail fournisseur pour qu'ils mettent à jour eux‐mêmes leurs certifications RSE, l'intégration des indicateurs CO₂ pour répondre aux obligations CSRD. Mais la trajectoire est tracée. Le plus frappant, à mes yeux, est la rapidité avec laquelle les technologies de gestion des fournisseurs évoluent : machine learning pour prédire les risques logistiques, blockchain pour tracer la provenance des matières premières, assistant conversationnel capable d'expliquer pourquoi une commande est bloquée. La fonction achats, longtemps cantonnée aux négociations de prix, devient un hub high‐tech essentiel à la résilience de l'entreprise.
Au bout du compte cette expérience d'implémentation montre qu'un logiciel de gestion des achats, s'il est bien sélectionné et intégré, décuple la valeur de l'ERP au lieu de la concurrencer. Certes, le chemin est semé d'obstacles : nettoyage des données, mapping des statuts, conduite du changement. Mais le jeu en vaut la chandelle : les fournisseurs sont désormais partie prenante de la chaîne numérique, et la technologie, plus que jamais, est le pont qui solidifie la collaboration.
À ceux qui hésitent encore, je dirais : testez, itérez, et choisissez une solution capable de grandir avec vous. Plusieurs applications modernes peuvent réellement placer la gestion fournisseurs à la pointe des nouvelles technologies, à condition de traiter l'intégration comme un projet de transformation à part entière.
👉 ( ◍•㉦•◍ ) Michel Campillo consultant expert en solutions de gestion écrit et publie régulièrement depuis 2004 des articles sur son site web professionnel dédié aux outils d'entreprise et aux questions du numérique et des technologies. Comme tout blogueur il écrit aussi sur des sujets divers, voir le blog pour un aperçu des thèmes abordés.
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Pays de Provence, le 16 juillet 2025
Michel Campillo
Consultant chef de projet IT
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➽ Les articles d'actualité sur les problématiques d'entreprise sont repris chronologiquement sur la page d'accueil du blog. J'aime cet article sur les progiciels de gestion: « Quels sont les facteurs décisionnels pour l'implantation d'un ERP? ».
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